Cette tenue correspond à ce qui se pratiquait durant les dernières décennies dans les bassins du Canton (avant que la gauche ne décide d’y accepter les

burkinis) c’est-à-dire une tenue qui ne dépasse pas les genoux et qui ne couvre pas les bras. D’abord, les enjeux d’hygiène et de sécurité ont été rappelés. La Commission du sport du Conseil municipal de la Ville de Genève s’est en effet déjà penchée sur ces deux questions. Les professionnels, dont le seul souci est d’assurer une gestion fonctionnelle et collective efficace des piscines, y ont précisé que les bassins publics suisses ont des contraintes très strictes en matière d’hygiène et de sécurité. Le port des maillots de bain très couvrants n’est pas neutre car il implique une augmentation de la concentration de chlore et rend les gestes de secours et de réanimation plus difficiles.

Le Centre a rappelé par ailleurs que notre canton s’est construit autant sur la diversité que sur le dialogue et c’est une fierté. La question des tenues appropriées dans les piscines publiques n’est pas un débat sur des personnes ni sur des croyances. C’est un débat sur la cohésion sociale et sur la manière dont nous organisons nos espaces communs.

Le Centre est ainsi convaincu que poser des règles partagées, simples, compréhensibles et identiques pour toutes et tous ce n’est pas exclure. Au contraire, c’est éviter que les différences deviennent des lignes de séparation, de tension, voire de conflit. Qui peut nier aujourd’hui que cette question du burkini est source de tension et d’incompréhension dans notre société ? Absolument personne. La lutte contre l’islamophobie est une nécessité absolue mais ce n’est pas en défendant le burkini que nous avancerons dans ce combat.

A l’interdiction du burkini, on nous oppose souvent la défense de la liberté de celles qui veulent le porter. C’est une réalité indéniable. Mais le Centre considère que la liberté individuelle ne peut pas être isolée du cadre collectif. La question ne porte pas sur un simple choix vestimentaire personnel. Pour une raison très simple : lorsqu’un vêtement est associé à une norme religieuse ou culturelle sur le corps féminin, sa présence dans un cadre collectif crée, qu’on le veuille ou non, une pression sociale implicite ou explicite sur celles qui ne s’y conforment pas. Or notre priorité est de garantir un cadre où aucune femme, aucune jeune fille ne se sente jugée, culpabilisée ou incitée à changer sa tenue pour être considérée comme « respectable ».

Dans notre canton, les espaces publics doivent être des lieux d’émancipation, jamais de pression. C’est également pour cette raison que le groupe a estimé que la question du burkini doit dépasser le niveau communal et le Grand Conseil doit donner une réponse claire et applicable dans tout le Canton.